École normale supérieure

Histoire moderne

Recherches en histoire sociale du politique (XVIe-XVIIIe siècle)

An introduction to the social history of early modern politics

Roberto Paiva (ENS) & Laurent Cuvelier (Université de Tours)

S2, 6 ECTS

 

Comment penser la capacité d’action politique d’individus ordinaires dans des sociétés d’Ancien Régime ? Cette interrogation est fondée sur un paradoxe, car le propre des corps politiques de la première modernité était précisément de restreindre l’exercice du pouvoir à un petit nombre d’hommes que leur naissance ou leurs qualités distinguaient du commun. Elle est pourtant centrale dans les recherches actuelles en histoire sociale du politique, un champ historiographique particulièrement dynamique dont ce séminaire proposera une cartographie.

Nous reviendrons d’abord sur les recherches classiques des modernistes français dédiées aux émotions populaires, aux révoltes et aux contestations. Ce prisme contestataire avait pour corollaire une focalisation sur les formes de ritualisation de l’action politique et une prédilection pour l’étude de la violence. En insistant sur l’altérité radicale des pratiques politiques de la première modernité, il permettait aux spécialistes de l’époque révolutionnaire de diagnostiquer une rupture nette entre 1750 et 1850, désignée par la notion de « politisation ». Les populations les plus humbles se seraient ainsi peu à peu approprié une série d’outils et de pratiques qui les auraient progressivement intégrées à une sphère politique autonome dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

 Seulement, depuis le tournant pragmatique de la discipline historique, nos certitudes à l’égard de ce grand récit sont moins assurées. Les hommes et les femmes des xvie et xviie siècles ne semblent plus tenus de jouer toujours la même partition politique, produit d’un cadre communautaire, religieux et juridique dont l’historiographie a montré la flexibilité et le caractère négocié. Dès lors, comment rendre compte de la complexité des « politiques ordinaires » pré-modernes, tout en se donnant les moyens de comprendre les ruptures qui se jouent à l’âge des révolutions ? Comment la défense d’intérêts locaux s’est-elle articulée, au cours de la période moderne, à l’adhésion à des causes supra-locales ? Au travers de séances thématiques, construites à partir des travaux d’un ou plusieurs spécialistes qui présenteront leurs recherches, le séminaire mettra en relation différentes manières d’aborder ces problèmes. Parce que ces questionnements croisent de nombreux autres champs historiographiques, tels que l’histoire environnementale, l’histoire du genre, l’histoire urbaine, l’histoire coloniale ou encore l’histoire de l’information, le séminaire offrira aux étudiants une introduction aux évolutions actuelles de la recherche en histoire moderne.

 

Salle Christiane Klapisch-Zuber 

Jeudi 14h-16h

Première séance : 28 janvier 2027

Validation : lecture d’un article par semaine, participation, et restitution orale finale sur la base d’un dossier de sources lié au thème du séminaire (pouvant être issu de la période de spécialité de l’étudiant, de l’ancienne à la contemporaine), à définir avec les enseignants au cours du semestre. Les étudiants non-historiens sont bienvenus : les modalités de validation pourront être adaptées à leurs objets de recherche.

Contact

Directeur Rahul MARKOVITS (rahul.markovits chez ens.psl.eu)

Directrice des études Sylvia ESTIENNE (sylvia.estienne chez ens.psl.eu)

Responsable de la Mention Histoire Hélène BLAIS (helene.blais chez ens.psl.eu)

Gestionnaire Sophie TISSANDIER (secretariat.histoire chez ens.psl.eu)

Accueil du public et réception des appels 

lundi - mardi - jeudi - vendredi : 9h30 à 12h00 - 14h00 à 16h30

Télétravail le mercredi

Téléphone : 01 44 32 30 28

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