Les sciences européennes à l’épreuve du scepticisme : du pyrrhonisme aux climato-sceptiques

, par Theis Valérie

Stéphane Van Damme

S2, 3 ECTS 

 

On a souvent décrit, depuis le sociologue et historien des sciences Robert Merton, l’exercice des sciences comme un « scepticisme organisé » qui incarnerait spontanément l’éthos collectif des communautés scientifiques modernes. Cette affirmation témoigne du fait que s’est établi un usage légitime du doute dans la pratique scientifique à la fois contre les dogmatismes mais aussi contre une conception plus radicale du scepticisme (appelé pyrrhonisme du XVIe au XVIIIe siècle) qui risquait de saper les fondements même de la connaissance scientifique en lui refusant toute certitude et en « faisant profession de notre ignorance » (Montaigne). Mais, l’assimilation du scepticisme au relativisme aujourd’hui complique la saisie de la critique de l’absolutisation des savoirs et des valeurs de l’époque moderne portée par le doute cartésien. Du doute méthodologique nécessaire à la démarche scientifique à l’hyperscepticisme qui anime les mouvements anti-sciences (climato-scepticismes, anti-vaccins), la trajectoire historique des sciences européennes laisse la trace de ces polarisations que l’actualité du débat public et de la controverse a eu tendance à niveler ou à amalgamer. Dans quelle mesure le « scepticisme organisé » de Merton est-il encore pertinent pour décrire les sciences ? 

Cet atelier d’épistémologie historique nous permettra d’examiner ces cultures du doute et de présenter les différentes approches de l’histoire des sciences aux science studies. 

 

Salle Histoire 

Jeudi 11h-13h, 6 séances

Première séance : 20 janvier 2022